65 km en famille le mardi 1er avril 2008 ! ... et c'est pas un poisson !... On veut juste
goûter de près à la première étape de notre prochain grand voyage à vélo !
"1er tour en vélo en condition du prochain Pyr-Pilat ... Soleil, pas de vent de prévu, selon météo-France, bref, le temps idéal à 3 semaines de l’échéance pour gravir un échelon supplémentaire dans
notre entrainement ...
Au programme des hostilités choisies par Hélène : le col de Roque Jalère, 991 m. Elle tenait absolument à découvrir ce terrible col avant le jour "J" ... "J" comme Jalère !! Et puis aussi pour
jauger le réel à faire par rapport aux profils des étapes tracés sur papier.
Ensuite, c’est vrai que le peu de routes du secteur nous restreint dans le choix du parcours.
10h20 : on démarre. Il fait bon. On descend jusqu’au croisement de Catllar ... Allez, c’est parti ! On est sur le trajet du PyrPilat. Et ça grimpe !! Ce col est
dans les 5 plus grandes difficultés des 680 km du parcours.
On avale les kilomètres, petit à petit, à 10 km/h de moyenne. Papa devant, avec Flora et Joan qui chantent en cadence, et Maman un peu plus loin derrière. Elle va
plus lentement, mais sûrement.
Mais où est Maman ?
Première petite pause casse-croute à la sortie du PNR des Pyrénées-Catalanes, à peu près à mi-chemin de l’ascension. Joan, qui a 17 mois aujourd’hui, fait une
razzia sur les raisins secs, pendant que Flora se jette sur les abricots secs.
On repart. Le dernier kilomètre se fait en plein vent : ça souffle là-haut !! En attendant Maman au col, on croise 2 cyclistes avec qui on prend le temps de
discuter un peu : un Pradéen et un Romeufontain qui sont en train de faire le même tour que nous mais en sens inverse à une vitesse vertigineuse. Ils sont admiratifs devant la remorque et le calme
des enfants. ça y est, elle arrive. La première difficulté du PyrPilat est donc gravie 2h15 après le départ.
On se rajoute une veste, et hop, on attaque la descente. Nouvel arrêt devant le célèbre Roc Cornut, énorme pierre en forme poing dressé. Au passage, on fait une petite photo de famille, le poing en
l’air, comme pour dire : Venceremos le PyrPilat !
En basculant sur le versant nord, la température chute de quelques degrés d’un coup. Le soleil s’est caché depuis quelques temps déjà .... On descend jusqu’à Sournia, puis on suit la route en
direction d’Ille-sur-Têt. Quelques kilomètres plus loin, on décide de s’arrêter pour manger auprès d’une petite chapelle en ruine, la chapelle Sainte Félicité. Charcuteries, fromages, pain maison,
fruits secs, pommes, carottes. Flora en profite pour faire de nombreux bouquets de fleurs, pendant que Jojo goûte à toutes les victuailles.
Une petite heure après, on repart pour s’attaquer à la seconde difficulté de la journée : le Col des Auzines, 603 m d’altitude. Le long de l’ascension, je me retourne : Flora s’occupe à lire et à
jouer, pendant que Joan mange un morceau de pain sec qu’il a retrouvé dans la pochette de livres, devant lui. Un vrai petit écureuil ... Il cache des provisions qu’il ressort plus tard.
Le Col des Auzines ne parait pas, mais il grimpe pas mal : 5 à 6 kilomètres à environ
5% de pente moyenne.
Dans la remorque, Joan tombe le premier, sitôt son bout de
pain terminé. Flora résiste un peu, mais elle finit également par piquer du nez dans le
dernier kilomètre. Et voilà, 2ème col de la journée, et 34 kilomètres au compteur.
On bifurque à droite, direction vers notre bon Conflent, avec pour point de mire : Tarerach. Au passage, on note que durant notre petit séjour dans les Fenouillèdes, la Tramontane s’est
levée.
A Tarerach, on croise un vieux collègue cycliste ! Visiblement, le vent l’a figé !!
On se lance maintenant à l’assaut de Marcevols. Une pente terrible qui passe devant une carrière : une pente moyenne entre 8 et 9% sur à peu près 2 km. Au sommet, face au prieuré, on passe le 42ème
kilomètre, et les jambes commencent à se faire lourdes. Et cette satanée Tram qui souffle de plus en plus fort.
On arrive à Arboussols ... Bon bin, normalement, il ne reste plus qu’une difficulté au tableau, le col de Jau. Et, on le connait
bien ... ça ne devrait pas poser de gros soucis !
Descente superbe sur le lac de Vinça. Passage à Marquixanes, puis aux pieds d’Eus. Enfin on arrive à Catllar, dernière "Halte-bar" possible. En conséquence, pour fêter la réussite de notre premier
tour à plus de 60 km, une pause s’impose !! On file tout droit vers le bistrot local. Jojo et Flora s’éclatent et se dépensent sans compter pendant que les parents récupèrent et se ressourcent de
breuvages simples mais savoureux ... 58 km ... Flora trouve un olivier à sa convenance et en commence l’escalade. Hormis le temps de boire son verre, elle restera tout le temps de la pause perchée
dans les divers troncs de l’arbre.
Bon, c’est pas tout ça, mais il faut s’y remettre ... Plus que 7 km. On ne le sait pas encore, mais ils seront les plus durs, non seulement de la journée, mais aussi la plus difficile ascension de
Campome jamais faite : un vent de face terrible ... des rafales de face de 70 à 80 km/h qui obligent à poser le pied par terre : les attelages sont stoppés net, et on passe de 8 km/h de moyenne à
zéro d’un coup !! Parfois même, la force du vent fait reculer le vélo. Dès que la route est à l’abri du vent, la vitesse remonte facilement à 10 km/h, mais dès que l’on se ré-expose, on tombe
subitement à 4 km/h grand maximum. Un calvaire !! Quasi une heure pour ces quelques hectomètres. Et dire que ce matin, les services de météo nous promettaient une journée sans vent !
Au total de la journée, 65 km pour une vitesse moyenne de 12,5 km/heure de moyenne, soit un peu plus de 5 heures en selle pour 1 400 m de dénivelé positif. Quand on pense que les cyclistes
rencontrés au col de Roque Jalère ce matin nous ont dit qu’ils mettaient un peu plus de 2 heures pour faire la boucle. Bon, eux, ont des véritables "formule 1" et ne trainent pas de remorques
chargées de quelques dizaines de kilos.
En tout cas, le bilan est positif ... Les mécaniques humaines sont opérationnelles. Les étapes qui s’annoncent sont un tout petit peu plus longues, allant de 72 à 85 km. Et ce ne sont que des
étapes "fictives" ... Chaque jour, c’est la fatigue et la météo qui, finalement, choisiront notre lieu de halte et de camping. On a hâte d’y être ... Vivement les vacances et le PyrPilat !!!!!
Venceremos !
Jean-Mi
A noter qu’au cours de la balade, la chariotte a passé le cap des 800 km ...."
Et maintenant... y'a plus qu'à !!...
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